- Le sens de la vie, par Jacques LECOMPTE, professeur à l'Université de Paris Ouest-Nanterre.
- Apprendre en voyageant autour du monde :
Ludovic HUBLER, son tour du monde de 5 ans en stop ;
Jérémy MARIE, en route depuis ocotbre 2007 ;
Un tour du monde en sac-à-dos en compagnie de Julien et Adrien partis en mai 2010...
- Pédagogie nomade : une école en Communauté française de Belgique où enseignants et élèves
partagent le pouvoir et le savoir.
De multiples enquêtes ont montré que l’être humain donne du sens à sa vie au travers de trois dimensions :
- La dimension affective et relationnelle : amour, amitié, parentalité ;
- La dimension cognitive : pensées, cognitions et valeurs ;
- La dimension active : engagement dans une activité (artistique, humanitaire, autre),
activité professionnelle.
Mihaly Csikszentmihalyi nomme « expérience optimale » une expérience particulièrement enrichissante, qui a sa valeur en soi, qui survient lorsqu’un individu est profondément concentré sur une action difficile et importante à ses yeux. La tâche entreprise est réalisable mais constitue pour lui un défi. Paradoxalement dans une telle expérience la préoccupation de soi disparaît mais le sens du soi s’en trouve renforcé. L’auteur constate que l’« expérience optimale » est plus souvent éprouvée au travail qu’en période de vacances.
La sociologue Estelle Morin s’est intéressée à la valeur du travail pour des gestionnaires. S’ils avaient suffisamment d’argent pour arrêter de travailler et vivre confortablement le reste de leur vie, 80 % des gestionnaires québécois étudiés continueraient à travailler ; en France 90% des gestionnaires continueraient à travailler, avec certains aménagements néanmoins. Même des activités d’exécution peuvent être source de sens. Le chercheur en psychologie Jesper Isaksen « a mené une enquête auprès de 30 ouvriers faisant un travail répétitif dans une entreprise de restauration : préparer les plats froids, emballer les couverts, laver les plats. Deux chiffres sont éloquents : 82 % de ces employés continueraient à travailler même s’ils recevaient le même salaire pour rester à la maison et 75% trouvent du sens à leur travail, par divers moyens : l’attachement au lieu de travail et à ses procédures, les relations sociales, l’utilité pour la société et pour la famille, le plaisir d’apprendre dans le travail, le sentiment de responsabilité et de fierté pour le travail produit, le sentiment d’autonomie et de liberté. »*
Autre expérience très révélatrice : Ellen Langer, professeur de psychologie à l’Université de Harvard a proposé une expérience aux responsables d’une maison de repos : certains pensionnaires ont été invités à prendre des décisions mineures concernant leur vie quotidienne (ex : prendre soins de plantes vertes) à l’inverse des autres pensionnaires. « Un an et demi après, les pensionnaires responsabilisés prenaient toujours plus d’initiatives et étaient considérablement plus actifs, plus gais et plus sociables que les autres. Plus étonnant : ils étaient deux fois plus nombreux à rester en vie. Cette expérience fut le point de départ de dix ans de recherche sur les effets de l’esprit actif et son contraire destructeur, l’esprit passif. »*
* extraits reproduits avec l’accord de l’auteur
Le professeur Jacques Lecomte signale que ces thématiques sont étudiées de manière bien plus détaillées dans son ouvrage "Donner un sens à sa vie", Paris, Odile Jacob, 2007.
Ludovic Hubler, après son master, a parcouru 170.000 km à travers 59 pays en 5 ans. Il a emprunté 1.300 voitures ou camions et a travaillé sur 10 bateaux. Son voyage lui aura coûté 25.000 €, soit 5.000 € par an ou 10 dollars américains par jours. Il a également donné 300 conférences et surtout, en 5 années d’aventure à travers toutes contrées, parfois pauvres ou perturbées, il n’a jamais été agressé.
Ludovic Hubler a écrit un livre : « Le monde en stop. Cinq années à l'école de la vie », Paris, Géorama, 2009.
Il connaît mieux le monde et se comprend davantage lui-même. Il se sent en harmonie avec lui-même et rien ne lui paraît plus important.
De son voyage, il retire de fortes convictions :
1. La déforestation au Honduras, au Brésil ou en Indonésie, la fonte des glaciers en Antarctique ou dans le grand nord canadien l’engage à ne plus jamais agir sans penser aux conséquences de ses actes pour l’environnement et à ne plus jamais laisser son gouvernement ignorer les défis pour la planète.
2. Côtoyer des personnes qui n’ont rien et qui pourtant offrent leur hospitalité amène Ludovic à relativiser ses problèmes et à ne plus jamais se plaindre de ce qu’il n’a pas.
3. Pour avoir visité une centaine d’ONG, plus jamais il n’ignorera le travail fabuleux de toutes ces personnes cherchant à rendre notre monde meilleur.
4. Plus jamais il n’oubliera la chance d’être né en France, d’avoir bénéficié d’une éducation de qualité, de posséder un passeport et une monnaie qui lui permettent de voyager librement à travers le monde. Pour lui, beaucoup des problèmes du monde seront résolus par un meilleur équilibre entre les différents pays.
5. Plus jamais il ne jugera en se basant sur l’apparence physique, la nationalité, ou des stéréotypes. Si son tour du monde lui a appris une chose, c’est que nous sommes tous les mêmes, peu importe notre couleur de peau, notre religion ou notre race. Chacun d’entre nous recherche le bonheur, la sécurité, l’amour ; chacun a la volonté d’offrir à ses enfants le meilleur avenir possible. La diversité est une richesse.
6. Ses récents séjours en Iran, au Pakistan, en Afghanistan ou en Colombie lui ont montré à quel point la perception qu’il avait des habitants de ces pays étaient totalement biaisée par les médias.
7. Plus jamais il ne refusera l’hospitalité à un voyageur de passage ou à un ami dans le besoin.
8. Plus jamais, il n’achètera de produits sans penser aux conséquences de mon acte d’achat. « Acheter c’est voter ». Chaque fois qu’il achètera un produit, il se posera la question du type d’entreprise qu’il cautionne.
9. Plus jamais il n’aura peur de se lancer dans des projets d’ampleur.
Parti de Normandie en octobre 2007, Jérémy MARIE, âgé de 25 ans, a déjà traversé plus de 60 pays. Son budget est de 7 dollars Comme quoi il n'y a pas que l'argent qui compte.... Suivez ses aventures sur son site.
Suivez jour après jour sur leur site les aventures de Froggy, Julien et Adrien. A travers l'Europe, la Russie et l'Asie, puis l'Australie et enfin les Amériques, ce carnet de bord raconte leur tour du monde en sac-à-dos, en autostop, en couchsurfing, toujours au plus près des gens et de leurs cultures.
Innover, remettre en question, créer, partager le pouvoir, aborder le savoir différemment dans l’enseignement subventionné en Communauté française… c’est possible !
Depuis septembre 2008, une douzaine de profs et 60 élèves du cycle secondaire supérieur (4ème, 5ème et 6ème secondaire) expérimentent un dispositif d’enseignement original qui s’appuie sur trois axes :
professeurs et élèves exercent le pouvoir de manière égalitaire ;
tous les membres de l’école participent à sa gestion quotidienne ;
les options pédagogiques transforment le rapport des élèves et des professeurs au savoir.
Autrement dit, ce ne sont plus les cours ex-cathedra dispensés pendant des tranches de 50’ par un professeur plutôt actif qui débite le programme à des élèves plutôt passifs…
Ce sont des individus, professeurs et élèves, engagés volontairement dans un projet commun qui vise l’acquisition d’un certain nombre de compétences qui ont pris du sens pour eux.
Pédagogie Nomade est aussi un collectif belge d’enseignants, d’éducateurs et de chercheurs en philosophie qui travaille sur les rapports entre école et démocratie.